Affaires à saisir ! 27/09/15

rue89

 

Qui dit mieux que 800 euros pour un ring de boxe provenant tout droit de la mairie d’Orange dans le Vaucluse ? Beaucoup de monde apparemment, et le tout dans des ventes aux enchères en ligne.

Il vous reste quelques jours pour renchérir et ainsi tenter d’acquérir les modèles anatomiques dont le CHU de Caen voudrait volontiers se débarrasser – dont une demi-tête, un modèle démontable de la musculature d’un être humain, un estomac ou un organe génital masculin en deux pièces (« bon état »).


C’est le genre d’objets trouvés sur Webenchères, sorte d’eBay des collectivités territoriales. Visiter ce site équivaut à plonger dans les greniers, les hangars et les sous-sol des mairies ou autres établissements publics qui vendent aux enchères le mobilier inutilisé, de vieux ordinateurs ou des bus d’occasion plus aux normes.

Ces jours-ci, plus de 1 800 articles sont en ligne, dont un catamaran, un Minitel « en état de marche », des sacs de boules de Noël et bientôt un ring de boxe, bradé par la mairie d’Orange (Vaucluse). Prix de départ : 800 euros.

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La presse locale se fait régulièrement l’écho de ces ventes : des paires de ski à Saint-Etienne, un corbillard à Carhaix (faible kilométrage, 200 euros), un drakkar lumineux au Mans, des pédalos et des cartons de pigeons d’argile à Rennes ou les voitures des anciens maires dont les collectivités se séparent. Celle de Dunkerque, vendue en décembre 2014 pour raison économique, avait des sièges chauffants.

 

Libérer de l’espace

Webenchères a été lancé en 2008 par une société basée à Brest qui développait des logiciels de gestion de cimetières. L’un de leurs clients, la ville du Mans, les a un jour sollicités pour créer un site de revente de mobilier réformé. Il compte aujourd’hui 200 000 visiteurs par mois.

Il met en relation des vendeurs – 900 collectivités, qui paient un abonnement annuel – et des acheteurs – plus de 50 000 inscrits, particuliers ou professionnels, qui règlent et récupèrent leurs achats sur place. Les chiffres augmentent particulièrement depuis deux ans.

La communauté de communes de Dole (Jura) vend ces jours-ci des véhicules (balayeuses, bennes à ordures, fourgon…), certains destinés à la ferraille. Interrogé par France 3, l’adjoint à la maire explique que le site permet une certaine transparence en évitant tout favoritisme. « Pour les voitures vouées à la casse, ça permet de mettre en concurrence les professionnels entre eux », ajoute Marie Le Roy, chargée de communication de Webenchères.

« C’est plus pratique, plus souple que la vente aux enchères traditionnelle que nous pratiquions par le passé » énonce au Populaire le chef des services logistiques et techniques des pompiers de Haute-Vienne. Marie Le Roy :

« Le but premier, c’est souvent de libérer de l’espace sans perdre d’argent. Rien que ça, c’est énorme. On est surpris de voir tout ce que peut entasser une collectivité… »

« On vend principalement du matériel informatique et multimédia – écrans, unités centrales et portables – à des personnes ou associations partout en France », témoigne une salariée d’un Centre communal d’action sociale (CCAS) inscrit depuis 2011.

« Avant, ça terminait à la déchetterie ou on entassait dans les sous-sol. »

Le fruit de la vente n’étant parfois pas non plus négligeable dans un contexte de restrictions budgétaires : la ville de Marseille, l’un des principaux clients de Webenchères, expliquait ainsi avoir réussi à dégager 350 000 euros depuis 2010.

 

Vendre des cygnes, puis des bus en Ukraine

Fouiller ces sites d’enchères en ligne permet aussi de découvrir des petites histoires de collectivités et d’organismes publics. Prenez la vente en juillet dernier d’un couple de cygnes et d’un cygneau par la mairie d’Hennebont (Morbihan), justifiée pour cause de travaux : l’étang où ils vivaient allait être remplacé par un cours d’eau.


Les articles illustrent aussi indirectement les changements législatifs. Prenez les ceintures de sécurité obligatoires dans les cars : des compagnies de transport de Roumanie ou d’Ukraine achètent ces bus qui ne sont plus aux normes françaises, retrace la chargée de communication de Webenchères.

D’après le site, 85% du matériel part dès la première vente. Parmi les invendus, on trouve notamment régulièrement des Minitel, des écrans cathodiques ou des lots de cassettes VHS.


Emilie Brouze

 

Consulter l’article sur le site Rue89

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