La vente aux enchères, une passion française – 08/11/15

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L’intérêt pour l’adjudication flambe avec les sites de vente en ligne. Où l’on achète aussi bien des voitures que des cygnes.

Meubles, vêtements, objets d’art, mais également voitures, cheptels ou fonds de commerce… tout est désormais prétexte à l’encan. Du matériel neuf comme de l’occasion. Près d’un quart des Français aurait déjà participé à une ou des ventes en salle, par Internet ou par téléphone selon une enquête Harris Interactive réalisée en juin 2015 pour le Conseil des ventes volontaires (CVV), chargé de la régulation du marché.

Ils sont sans doute beaucoup plus à avoir misé à coups de clics de souris sur des sites de courtage aux enchères, qui mettent en relation vendeurs et acheteurs, sans l’intermédiation d’un professionnel. Car renchérir depuis chez soi, au bureau ou en vacances, installé devant un ordinateur, n’a jamais été aussi facile.

En 2014, 2,5 milliards d’euros ont été adjugés aux enchères publiques, dont 25 % par voie électronique. Ce montant ne prend en compte que les ventes dites « volontaires », pas celles ordonnées par une décision de justice (liquidation, saisies…).

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Les grandes maisons comme Sotheby’s, Christie’s ou Drouot ont aussi leur « live ». Mille sept cents vacations retransmises en 2014 chez la vénérable maison de vente parisienne, qui a ouvert, il y a un an, une salle des ventes totalement dématérialisée : Drouot 2.0. Chaque semaine, on y trouve une sélection d’une centaine d’objets, proposée uniquement en ligne. Un produit photographié, une date et une heure de fin d’enchères, et à l’internaute de jouer pour remporter l’affaire. Le tout sans la caution juridique des commissaires-priseurs.

C’est la recette de nombreuses sociétés de courtage aux enchères. Un modèle à la eBay, adopté par Webenchères sur le créneau des ventes des collectivités territoriales. De la friteuse à la pelleteuse, en passant par les boules de noël, les bureaux d’écolier ou les ordinateurs, tout cet inventaire à la Prévert est proposé au plus offrant sur cette gigantesque salle des ventes des occasions des collectivités territoriales. Il est trop tard pour acquérir le couple de cygnes de cinq ans adjugé à 305 euros, et mis en vente par la mairie d’Hennebont (Morbihan) pour cause de disparition de l’étang qui les logeait.

 

Amateur du frisson de la mise

Les modèles anatomiques, cédés par le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Caen, ont aussi trouvé preneur. Après 15 jours en ligne, l’organe génital masculin en deux pièces, « bon état » précisait l’annonce, mis à prix 5 euros, s’est envolé à 40 euros. En revanche, il reste encore quelques jours aux amateurs pour enchérir sur les anciens wagons proposés par la région Provence-Côte d’Azur (prix de départ exceptionnel de 1 euro) ou sur les Peugeot 307 proposées par la mairie de Bourges.

Sur cette plateforme, seuls les établissements publics et les collectivités sont autorisés à vendre leur matériel inutilisé, moyennant un abonnement annuel au site. En revanche, particuliers ou professionnels peuvent enchérir (après s’être inscrit gratuitement) sur les biens qui les intéressent. Plus de 50 000 acheteurs potentiels, en quête de la bonne affaire ou du coup de cœur, ou simplement amateur du frisson de la mise, se sont déjà pris au jeu du marteau virtuel. Et depuis deux ans, le public des particuliers a dépassé celui des professionnels.

 

Catherine Rollot
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