L’économie participative récupérée par les grandes marques

7/06/15 – Un camion de camping recyclé à l’enseigne de Patagonia sillonnant les Etats-Unis pour proposer de réparer des vêtements, du matériel et de vendre des produits d’occasion de la marque ? De la part d’une entreprise qui est souvent associée aux produits de luxe, au point qu’on la surnomme parfois « Patagucci », la démarche peut surprendre…

Patagonia-care-and-repair-grandes-marques

S’agit-il d’un mouvement de fond, d’une transformation réelle et profonde de la consommation, ou d’un simple gadget commercial pour attirer les clients qui se détournent des modes d’achat traditionnels ?

 

Patagonia, pionnier du paradoxe : les grandes marques prônent l’anti-consommation pour récupérer des acheteurs…
C’est en fait depuis 2009 que Patagonia est engagée dans un programme d’anti-consommation qui a culminé en 2011 par un article en pleine page dans le New York Times intitulé « Don’t buy this jacket  ! », n’achetez pas cette veste. La publicité détaillait l’impact environnemental de la veste en peau de mouton R2, une de leurs meilleures ventes du moment, et demandait aux clients de réfléchir à deux fois avant de l’acheter ou d’acheter des produits similaires. Résultat ? L’attention médiatique générée par cet article a permis d’augmenter de façon significative les ventes de Patagonia en 2012. Alors une arnaque de plus ou un réel changement d’attitude ? Et Patagonia continue de surprendre. La marque américaine vient de développer le Worn Wear Spot (patagonia.com/ca/worn-wear/), où on peut faire réparer ou échanger ses vêtements usagés.
Elle s’est associée aussi à iFixit.com, un site qui développe des clips pédagogiques sur l’auto-réparation. Résultat : les ventes de Patagonia poursuivent une courbe ascendante depuis le lancement de la campagne. Ce qui veut peut-être dire tout simplement que les clients sont d’accord avec cette approche, et souhaitent aller vers une consommation plus réfléchie, une consommation durable donc.

Anti-consommation pour de plus grands profits : les grandes marques s’y mettent
Il est donc normal que les marques, grandes et petites, essaient de suivre le mouvement, de coller au plus près aux désirs de leurs clients. Dans le même esprit, les magasins Leroy Merlin testent en ce moment la vente de produits d’occasion dans leurs magasins. Decathlon propose des ateliers rollers pour les enfants, vend du matériel d’occasion, accueille des manifestations sportives locales. Mr. Bricolage vient de lancer un site communautaire nommé Ladepanne.fr, à l’image de Leboncoin, pour les particuliers qui veulent vendre ou louer des articles d’occasion entre eux. Darty expérimente même un système de communauté d’entraide intégré aux fiches produits de son site marchand…

Crises et consommation durable
Il est certain que la crise économique générée par le débâcle bancaire de 2009 a conduit les consommateurs des pays développés à réfléchir à leur mode de consommation. Halte à l’achat impulsif, aux produits jetables ! La tendance est aux produits de qualité qu’on fait durer, qu’on répare, qu’on échange quand ils arrivent en fin de vie.

Ce mouvement rejoint diverses expériences liées, entre autres, à la problématique du changement climatique : consommation de produits locaux, nourriture bio, jardins collectifs… Les entreprises essaient de plus en plus de promouvoir une image responsable. Certaines se contentent d’un vague ripolinage, d’autres sont sincèrement engagées. A terme, les clients ne sont pas dupes : on n’attire pas des mouches avec du vinaigre !

 

Paul Boucher

 

Source : ConsoGlobe.com

Consulter l’article entier en ligne

 

Both comments and pings are currently closed.

Les commentaires sont fermés.